Quand les fêtes deviennent un langage diplomatique

2 March

Dans un monde marqué par la fragmentation des récits et l’érosion des cadres multilatéraux, la culture demeure l’un des rares espaces de médiation durable entre les peuples. Du 27 au 29 mars 2026, l’Institut du monde arabe consacre la douzième édition de ses « Journées de l’Histoire » à un thème au cœur des enjeux contemporains de soft power et de diplomatie culturelle « les fêtes et les émotions populaires dans le monde arabe ». Une invitation à penser la célébration collective comme un outil de compréhension mutuelle et de dialogue des civilisations.

La fête, un langage universel au cœur des sociétés

Mariages, pèlerinages, cérémonies religieuses, fêtes nationales ou rassemblements sportifs : partout, la fête suspend le temps ordinaire et crée un espace de reconnaissance collective. Dans le monde arabe, ces moments sont des archives vivantes de l’émotion, où se mêlent croyances, mémoires historiques et appartenances multiples. Les émotions populaires, ferveur, joie, colère, espérance ne relèvent pas uniquement de l’intime. Elles deviennent un langage social partagé, parfois un vecteur de mobilisation, souvent un outil de transmission intergénérationnelle. Pour les observateurs du monde international, ces dynamiques offrent une clé de lecture essentielle des sociétés arabes, bien au-delà des approches strictement sécuritaires ou institutionnelles.

Émotions collectives et soft power culturel

En refusant toute lecture folklorique, les Journées de l’Histoire abordent la fête comme un fait social total, où sacré et profane, tradition et réinvention s’entrelacent. Des processions chiites de Kerbala aux célébrations du Mawlid Nabawi, des fêtes de la crue du Nil aux mobilisations populaires contemporaines, la fête apparaît comme un espace où l’émotion se ritualise, se politise et, parfois, se transforme en vecteur d’influence culturelle. Dans un contexte international marqué par la concurrence des récits et des imaginaires, cette approche éclaire le rôle central de la culture comme instrument de soft power. Comprendre ces émotions collectives, c’est aussi mieux saisir les ressorts de l’adhésion populaire, de la contestation et des aspirations à la reconnaissance et à la dignité.

Un prix du livre comme acte de diplomatie intellectuelle

Temps fort de cette édition, la remise du « Grand Prix du Livre des Journées de l’Histoire 2026 », le 27 mars, illustre la volonté de l’IMA de faire dialoguer recherche académique et débat public international. Doté par l’Académie du Royaume du Maroc, ce prix distingue une publication contribuant au renouvellement du regard sur l’histoire du monde arabe. La sélection 2026 témoigne de la vitalité de la recherche historique contemporaine, de l’Antiquité aux conflits les plus actuels. Parmi les finalistes figurent notamment Henry Laurens, Enzo Traverso, Stéphanie Guédon et Abbès Zouache. Le jury, présidé par Vincent Lemire, réunit des historiens et historiennes issus du CNRS, d’universités internationales et de l’IMA.

Diasporas, transmissions et diplomatie culturelle

Les journées suivantes prolongent la réflexion à travers une programmation dense : fêtes médiévales du Proche-Orient, art équestre de la « furûsiyya », émotion musicale du « tarab » dans la Bagdad abbasside, rituels familiaux préislamiques ou encore pratiques festives en contexte colonial et diasporique. Les tables rondes consacrées aux fêtes coloniales en Algérie, aux rituels pascals à Alep ou aux « soirées arabes » en France interrogent les ambivalences de la célébration entre reconnaissance culturelle, mise en scène identitaire et espace de négociation politique. Autant de thématiques qui résonnent avec les enjeux du pluralisme culturel et du vivre-ensemble au cœur des sociétés contemporaines.

L’histoire comme boussole du dialogue international

En filigrane, ces Journées de l’Histoire posent une question centrale pour les acteurs du multilatéralisme, que révèlent les émotions populaires de la fabrique des sociétés arabes et de leur rapport au monde ? Comment circulent-elles entre territoires, exils et diasporas ? Quels récits communs peuvent-elles encore produire dans un espace international fragmenté ? À l’Institut du monde arabe, la fête devient ainsi un outil de compréhension globale, un prisme permettant de penser les sociétés arabes dans leur profondeur historique et leur complexité contemporaine. À l’heure où le multilatéralisme se cherche de nouveaux équilibres, la culture rappelle une évidence, le dialogue durable entre les nations ne se construit pas seulement par les traités, mais par la connaissance sensible des peuples, de leurs mémoires et de leurs rites. Dans un monde marqué par la fragmentation des récits et l’érosion des cadres multilatéraux, la culture demeure l’un des rares espaces de médiation durable entre les peuples. Du 27 au 29 mars 2026, l’Institut du monde arabe consacre la douzième édition de ses « Journées de l’Histoire » à un thème au cœur des enjeux contemporains de soft power et de diplomatie culturelle « les fêtes et les émotions populaires dans le monde arabe ». Une invitation à penser la célébration collective comme un outil de compréhension mutuelle et de dialogue des civilisations.

La fête, un langage universel au cœur des sociétés

Mariages, pèlerinages, cérémonies religieuses, fêtes nationales ou rassemblements sportifs : partout, la fête suspend le temps ordinaire et crée un espace de reconnaissance collective. Dans le monde arabe, ces moments sont des archives vivantes de l’émotion, où se mêlent croyances, mémoires historiques et appartenances multiples. Les émotions populaires, ferveur, joie, colère, espérance ne relèvent pas uniquement de l’intime. Elles deviennent un langage social partagé, parfois un vecteur de mobilisation, souvent un outil de transmission intergénérationnelle. Pour les observateurs du monde international, ces dynamiques offrent une clé de lecture essentielle des sociétés arabes, bien au-delà des approches strictement sécuritaires ou institutionnelles.

Émotions collectives et soft power culturel

En refusant toute lecture folklorique, les Journées de l’Histoire abordent la fête comme un fait social total, où sacré et profane, tradition et réinvention s’entrelacent. Des processions chiites de Kerbala aux célébrations du Mawlid Nabawi, des fêtes de la crue du Nil aux mobilisations populaires contemporaines, la fête apparaît comme un espace où l’émotion se ritualise, se politise et, parfois, se transforme en vecteur d’influence culturelle. Dans un contexte international marqué par la concurrence des récits et des imaginaires, cette approche éclaire le rôle central de la culture comme instrument de soft power. Comprendre ces émotions collectives, c’est aussi mieux saisir les ressorts de l’adhésion populaire, de la contestation et des aspirations à la reconnaissance et à la dignité.

Un prix du livre comme acte de diplomatie intellectuelle

Temps fort de cette édition, la remise du « Grand Prix du Livre des Journées de l’Histoire 2026 », le 27 mars, illustre la volonté de l’IMA de faire dialoguer recherche académique et débat public international. Doté par l’Académie du Royaume du Maroc, ce prix distingue une publication contribuant au renouvellement du regard sur l’histoire du monde arabe. La sélection 2026 témoigne de la vitalité de la recherche historique contemporaine, de l’Antiquité aux conflits les plus actuels. Parmi les finalistes figurent notamment Henry Laurens, Enzo Traverso, Stéphanie Guédon et Abbès Zouache. Le jury, présidé par Vincent Lemire, réunit des historiens et historiennes issus du CNRS, d’universités internationales et de l’IMA.

Diasporas, transmissions et diplomatie culturelle

Les journées suivantes prolongent la réflexion à travers une programmation dense : fêtes médiévales du Proche-Orient, art équestre de la « furûsiyya », émotion musicale du « tarab » dans la Bagdad abbasside, rituels familiaux préislamiques ou encore pratiques festives en contexte colonial et diasporique. Les tables rondes consacrées aux fêtes coloniales en Algérie, aux rituels pascals à Alep ou aux « soirées arabes » en France interrogent les ambivalences de la célébration entre reconnaissance culturelle, mise en scène identitaire et espace de négociation politique. Autant de thématiques qui résonnent avec les enjeux du pluralisme culturel et du vivre-ensemble au cœur des sociétés contemporaines.

L’histoire comme boussole du dialogue international

En filigrane, ces Journées de l’Histoire posent une question centrale pour les acteurs du multilatéralisme, que révèlent les émotions populaires de la fabrique des sociétés arabes et de leur rapport au monde ? Comment circulent-elles entre territoires, exils et diasporas ? Quels récits communs peuvent-elles encore produire dans un espace international fragmenté ? À l’Institut du monde arabe, la fête devient ainsi un outil de compréhension globale, un prisme permettant de penser les sociétés arabes dans leur profondeur historique et leur complexité contemporaine. À l’heure où le multilatéralisme se cherche de nouveaux équilibres, la culture rappelle une évidence, le dialogue durable entre les nations ne se construit pas seulement par les traités, mais par la connaissance sensible des peuples, de leurs mémoires et de leurs rites. Fatima Guemiah.